Édouard Herriot, maire de Lyon

Édouard Herriot occupe une place centrale dans l’histoire de la ville. Originaire de Troyes, il arrive à Lyon en 1896 pour enseigner la rhétorique. À 24 ans, il rejoint le Comité radical lyonnais, puis adhère en 1901 au jeune Parti radical qui vient d’être créé. Élu conseiller municipal en 1903, il devient adjoint à l’Instruction publique du maire socialiste Victor Augagneur, avant d’être élu à la tête de la ville, pour la première fois, en 1905.

En 52 ans de règne municipal (1905-1957), son œuvre de bâtisseur est immense. Il n’a cessé de valoriser et de promouvoir la ville de Lyon, déjà bien remaniée par ses prédécesseurs, Antoine Gailleton et Victor Augagneur. Sous son magistère municipal, la politique de construction de grands équipements urbains qu’il insuffle, répondra aux besoins de Lyon. Dans cette grande cité industrielle, il faut aménager, bâtir, embellir.

« La ville de Lyon se place en tête des municipalités françaises qui se soucient des améliorations des transports, des progrès de l’hygiène urbaine et de la vie sociale. »

Pour ce faire, Herriot saura s’entourer de conseillers - qui le guideront dans ses choix - et travailler avec de nombreux architectes. Tony Garnier sera son compagnon de route pendant près de 30 ans et l’un de ses principaux collaborateurs.

Édouard Herriot, jeune maire radical socialiste de Lyon. Collection particulière

« J’apprenais beaucoup dans mes conversations avec Tony Garnier, artiste autant que savant. »

Ensemble, ils écriront l’un des plus grands chapitres de l’histoire urbaine de Lyon. Le maire confiera à l’architecte nombre de ses grands travaux, implantés en rive gauche du Rhône, là où la ville pouvait encore se développer. Ils feront sortir de terre les abattoirs de La Mouche, l’hôpital Édouard Herriot, le stade de Gerland et le quartier des États-Unis.

 

« Chaque fois, j’ai admiré en lui l’alliance d’une méthode rigoureuse avec un art qui cherche son inspiration aux sources les plus pures de l’hellénisme. »

Car c’est bien un dessein commun, celui de la Ville, qui unira intellectuellement les deux hommes dans la programmation de ces grands chantiers. L’ambitieux Édouard Herriot, délibérément tourné vers le progrès social, donnera à l’architecte la possibilité d’expérimenter ses innovations techniques et architecturales.
En retour, Tony Garnier servira la cause radicale socialiste avec talent.

« Ce bâtisseur, ce réaliste était humain. Tony Garnier fut un maître, c’est-à-dire, un guide et un exemple. »