Le stade de Gerland

repères chronologiques

1913

1926

1950

1967

1984

1998

2017

Début du chantier

Inauguration officielle le 23 mai

Le stade est loué à l’Olympique Lyonnais

Le stade est inscrit à l’inventaire des Monuments historiques

Création des tribunes Jean Jaurès et Jean Bouin

Création de nouvelles tribunes dans les virages

Les rugbymen du LOU investissent le stade

Le stade de Gerland est le troisième grand chantier que le maire de Lyon, Édouard Herriot, confie à Tony Garnier. Au début du 20e siècle, il n’existe pas en France de grand stade. Les activités sportives sont pratiquées en plein air, sur des terrains vagues. Seuls les hippodromes et vélodromes rassemblent un public nombreux, mais élitiste.

Arrivé à la tête de la ville, Édouard Herriot sent la nécessité de fournir aux Lyonnais un grand équipement qui rendrait accessible, gratuitement, la pratique d’activités sportives, convaincu de leurs vertus éducatives et hygiéniques : il voyait là un moyen de lutter contre les inégalités sociales. Tony Garnier partage cette idée et propose la construction d’une véritable « cité des sports » populaire où l’on peut pratiquer l’athlétisme, la gymnastique, le tennis, la natation, le vélo, le football ou le rugby, et qui peut accueillir de grandes manifestations.

Le stade et les abattoirs vus d'avion, 1950. Éditions Cellard. Collection particulière

« Construire un hôpital, c’est de l’assistance. Construire un stade, c’est de la prévoyance », déclare le maire lors d’un conseil municipal décisif.

Le projet est adopté en 1913 et prend place à La Mouche (quartier nommé Gerland aujourd’hui), presque inhabité, non loin des abattoirs. L’inauguration a lieu en 1926. Le programme global est composé d’un stade olympique de 30 000 places, mais aussi d’un quartier des athlètes, d’un autre pour les cyclistes et de restaurants qui ne verront pas le jour. Réalisée en 1929, la piscine vient compléter cet ensemble sportif.

Plan d'ensemble du stade municipal. Dressé par Tony Garnier. Les grands travaux de la ville de Lyon.
Éditions Charles Massin, collection MUTG

Par son architecture, le stade de Gerland rappelle celui d’Olympie. Les entrées, matérialisées par les quatre arches en plein-cintre monumentales et accentuées par la coursive - galerie à arcades - qui fait le tour et ceinture les gradins à ciel ouvert, suggèrent l’Antiquité, chère à Tony Garnier.

Carte postale faisant l'éloge des compétitions d'athlétisme, vers 1930.

Collection MUTG

Mais au fil du temps, le stade va connaître de nombreuses transformations, suivant l’évolution des pratiques sportives. Il doit s’adapter et change progressivement de destinée. Dans les années 1950, le football compte de nombreux adeptes et l’Olympique Lyonnais fait main basse sur l’infrastructure, pendant plus de 50 ans. Pour répondre aux nouveaux besoins, de grandes transformations architecturales sont opérées dans les années 1980 : la piste d’athlétisme est supprimée et les tribunes est et ouest sont construites. La capacité du stade est portée à plus de 50 000 places. En 1998, les gradins des deux virages nord et sud sont reconstruits. Après avoir été le temple du football, le stade, rebaptisé Matmut Stadium, accueille, depuis 2017, l’équipe du LOU Rugby.

Vue depuis le virage sud. 2014. Photo Muriel Thomassin, MUTG

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