Situé au cœur du quartier des États-Unis, un quartier imaginé et réalisé par l’architecte Tony Garnier à l’entre-deux-guerres, le Musée urbain Tony Garnier assure depuis sa création en 1992, la promotion de cette figure centrale de l’histoire architecturale et sociale du 20ème siècle.

Ce musée associatif développe en ce sens des recherches scientifiques, en assure la diffusion par le biais de visites culturelles et pédagogiques, d’expositions thématiques, de publications et de nombreux événements pour transmettre le plaisir de la connaissance de la ville et de l’urbanité.

La construction du quartier des États-Unis

L’origine de ce quartier est liée à la construction d'une cité d’habitations à bon marché décidée en 1917. Lors de la réunion du Conseil Municipal du 29 mars, Édouard Herriot, Maire de Lyon, annonce la création d’un nouveau boulevard entre le quartier de la Guillotière et la commune de Vénissieux, un axe bordé par des logements destinés aux ouvriers, autour duquel les industries pourront s’installer. Pour réaliser l’ensemble de ce projet, un office public HBM est créé le 29 mai 1920.


Le chantier des trois premières maisons types se déroule de décembre 1920 à décembre 1925.

En novembre 1923, le maire informe Tony Garnier que, pour des questions d’économie, les bâtiments devront tous comporter cinq étages sur un rez-de-chaussée. L’architecte défend son projet, signalant que l’élévation des bâtiments impliquera l’installation d’ascenseurs. Mais sa résistance est vaine, face aux problématiques qui conduisent les décideurs à lotir partout dans Lyon, pour sortir la population des taudis. Le chantier redémarre avec de nouveaux plans et les habitants emménagent dans les immeubles en juillet 1933. La cité est officiellement inaugurée le 24 juin 1934.

Des habitants au coeur du projet

Dans les années 1960-70, le quartier se développe de part et d’autre des HBM. La cité originelle connaît un vieillissement précoce et sa modernité est vite dépassée par les groupes de logements réalisés alentour. En 1983, regroupés en un Comité de locataires, des habitants réclament et obtiennent la réhabilitation de leur quartier. Les immeubles ne sont plus aux normes de confort, les ascenseurs manquent cruellement à la population vieillissante et les murs des bâtiments ont triste mine.

Pendant 12 ans, le Comité des locataires se fera le porte-parole auprès du bailleur, l’OPAC du Grand Lyon, pour obtenir les rénovations et travaux tant attendus. En 1988, ce Comité rencontre les artistes plasticiens de « La Cité de la Création », c’est ainsi que naîtra l’idée d’un musée à ciel ouvert, composé de 25 peintures murales réalisées sur les bâtiments édifiés par Tony Garnier. Aux nécessités techniques d’isolation des murs pignons est associée l’idée de peindre sur les murs. L’œuvre de Tony Garnier, sa Cité Industrielle utopique, ses grandes réalisations lyonnaises, mais aussi des murs imaginés par des artistes internationaux sur le thème de la ville idéale, composent un parcours permanent monumental.

Les habitants seront les premiers médiateurs de ce parcours permanent, mettant en avant la figure emblématique de l’architecte lyonnais et obtenant la création d’un lieu culturel inédit. Au fil des années, l’activité s’est professionnalisée pour mieux accueillir, aux « États-Unis » de Lyon, les visiteurs du monde entier.

Des HLM qui se visitent

Réalisation architecturale exemplaire, la Cité Tony Garnier est une véritable salle d’exposition en plein-air. L’ensemble de 49 immeubles construit par Tony Garnier est une belle illustration de ses conceptions urbaines novatrices. Il souligne l’engagement d’une époque en faveur de la construction de logements pour les plus modestes.

À la création du Musée urbain, un logement témoin a été reconstitué dans ses moindres détails, pour rendre compte de l’aménagement et du confort offert aux ouvriers dès les années 1930. Cet appartement a pu voir le jour grâce à la mémoire des habitants mais également leurs prêts et leurs dons.

Aujourd'hui

Depuis 2016, les peintures murales font l’objet d’une rénovation-création. GrandLyon Habitat, propriétaire des bâtiments, a engagé une nouvelle réhabilitation des appartements et les murs peints en profitent.


La Cité Tony Garnier a reçu le label « Patrimoine XXème siècle » en 2003 et se découvre de jour comme de nuit dans le cadre du « plan lumière». Les expositions thématiques organisées chaque année par le Conseil scientifique du Musée complètent la promenade architecturale et les médiateurs reçoivent petits et grands, grâce une panoplie de visites sans cesse renouvelée. Musée urbain Tony Garnier© est une marque déposée.