L'hôtel de ville de Boulogne-Billancourt

Boulogne-Billancourt est une municipalité née de la fusion de Boulogne-sur-Seine, commune résidentielle aux portes de Paris, et de Billancourt, village devenu, pendant l’entre-deux-guerres, le fief des usines Renault.

Sous les mandats d’André Morizet (1919-1942), la nouvelle cité prend des allures modernistes. Le maire souhaite équiper sa ville d’un hôtel de ville fonctionnel, rassemblant en un seul site tous les services municipaux : une véritable « usine municipale ». Ce maire bâtisseur développe une politique audacieuse de logements et d’équipements hygiéniques. Rencontré par l’entremise d’Édouard Herriot, Morizet sollicite l’architecte lyonnais en 1925 pour élever son palais municipal. L’édile accorde sa confiance à un homme qui partage les mêmes idéaux.

Tony Garnier imagine pour la mairie boulonnaise, dans ses premières esquisses, une tour-horloge formant beffroi et rappelant sans équivoque le bâtiment des assemblées de sa Cité Industrielle. Mais le maire ne l’entend pas de cette oreille ; il préfère une architecture plus mesurée, loin de toute mise en scène. Le projet définitif est entériné en 1930 et le chantier commence l’année suivante.

Avant-projet avec beffroi, 1926. Archives municipales de Boulogne-Billancourt

Construit en béton armé, l’édifice est d’une grande sobriété et répond aux besoins qu’il doit satisfaire. Pour cela, il est composé de deux parties distinctes : un premier bâtiment est dédié au cabinet du maire, de ses adjoints et aux salons de réception. Le second héberge les services administratifs et les guichets. Ces derniers sont disposés autour d’un hall immense ceinturé de galeries. La lumière, chère à Tony Garnier, y pénètre abondamment grâce aux très nombreuses ouvertures, telle la nef d’une cathédrale. Les deux parties sont liées par une large corniche assurant l’unité de l’ensemble. Inauguré en 1934, l’hôtel de ville de Boulogne-Billancourt est la dernière œuvre bâtie de Tony Garnier, loin de sa ville natale.

Perspective dessinée par Tony Garnier en 1930. Publiée en 1951 dans un ouvrage réalisé par le Comité des amis de Tony Garnier.

Façade du bâtiment des élus, vers 1935.
Archives municipales de Boulogne-Billancourt

Façade du bâtiment administratif. Carte postale, vers 1935.
Archives municipales de Boulogne-Billancourt

« Je suis lié à la ville de Lyon par tant de reconnaissance, qu’il m’est difficile de m’employer ailleurs, mais Lyon possède un vieil hôtel de ville historique qu’il n’est pas question de remplacer. Je n’aurai jamais l’occasion d’y élever l’hôtel de ville de ma Cité Moderne, je puis donc essayer de le réaliser chez vous », aurait confié l’architecte à André Morizet.

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