La vacherie de la Tête d'Or

À la fin du 19e, dans les grandes villes industrielles comme Lyon, les œuvres charitables s’organisent pour assister les familles les plus modestes. La question de l’alimentation des nourrissons est au cœur des préoccupations.
Le constat est effrayant : la France recense chaque année près de 125 000 décès de bébés. Les mamans, par ignorance des contraintes sanitaires et nutritionnelles, donnent à leur enfant un lait contaminé car mal conservé. Alors, la ville de Lyon fait appel aux services de la Sté des laits hygiéniques pour fournir les crèches municipales.

La vacherie municipale. Élévations et perspectives. Tony Garnier. Supplément publié dans La construction moderne n°23. Collection Bibliothèque Municipale de Lyon

Face à ce fléau, le maire-médecin Victor Augagneur - prédécesseur d’Édouard Herriot - s’empare du problème et charge Tony Garnier, de retour de la Villa Médicis, d’étudier le programme d’une vacherie municipale dès 1904. L’emplacement choisi, au cœur du Parc de la Tête-d’Or, a l’avantage de proposer l’herbage suffisant pour faire pâturer les vaches, tout en étant proche des quartiers populaires.

Le projet du jeune architecte est simple mais fonctionnel. Tony Garnier conçoit un bâtiment tout en longueur, composé d’une étable, d’un logement pour le vacher, d’espaces pour stocker la nourriture des animaux et d’une usine de stérilisation. Collecté quotidiennement, le lait stérilisé remplit des bouteilles et approvisionne les crèches de la ville, offrant aux familles la possibilité de nourrir sainement leurs tout-petits. Mais la production est insuffisante et la vacherie du parc cesse son activité en 1919, transférée dans la nouvelle École d’agriculture de Cibeins, dans l’Ain. De vacherie, elle devient fauverie quelques années plus tard. Aujourd’hui, le bâtiment est toujours en place, au centre de la Plaine africaine.

Le toit-terrasse, cher à Tony Garnier, n’apparaît pas encore dans cette œuvre de jeunesse. Cependant, les murs-pignons portent déjà sa signature, les redents qu’il affectionne tant, coiffés de potées fleuries.

La vacherie municipale hier et aujourd'hui. Fonds Jules Sylvestre,
collection Bibliothèque Municipale de Lyon ; MUTG, photo Noémie Delaire.

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